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Situation urgente

OQTF : agir vite, délais de recours et avocat

Vous avez reçu une OQTF, ou un proche vient d’en recevoir une. Le temps pour la contester devant le juge est court, et il commence le jour de la notification. Cette page explique les délais, ce qu’il faut envoyer au tribunal et comment obtenir une aide pour payer l’avocat.

  • Trois régimes de délai : 1 mois, 7 jours ou 48 heures
  • Le recours au tribunal empêche l’éloignement pendant son examen
  • L’aide juridictionnelle se demande dans la requête, sans attendre

Informations générales vérifiées le 04/11/2026 sur Légifrance et service-public.gouv.fr.

Si vous ne pouvez pas payer un avocat

Contre une OQTF, l’AJ est accordée sans condition de résidence en France : avoir un titre de séjour valide n’est pas demandé. Vos ressources sont tout de même examinées. Vous la demandez dans la requête elle-même, avec la désignation d’un avocat d’office. Pour estimer vos droits, utilisez le simulateur officiel ou lisez notre page sur l’aide juridictionnelle des personnes étrangères.

Les trois régimes de délai

Depuis la réforme entrée en vigueur le 15 juillet 2024, le délai ne dépend plus du fait d’avoir ou non un délai de départ volontaire. Il dépend de votre situation au moment de la notification : libre, assigné à résidence, détenu ou retenu. Les anciennes grilles encore visibles sur internet sont périmées.

Source : CESEDA, articles L614-1 à L614-3, R911-1, L921-1, L921-2 et R921-2-1, Légifrance, lus le 04/11/2026.
Votre situationDélai pour saisir le tribunalDélai pour jugerQui juge
Cas général : vous êtes libre1 mois après la notification6 mois après le dépôt du recoursFormation collégiale (plusieurs juges)
Assignation à résidence ou détention en prison7 jours après la notification15 jours après le dépôtUn juge unique
Placement en centre de rétention48 heures après la notification96 heures après la fin du délai de recoursUn juge unique

Le délai d’un mois se compte en mois, pas en jours. Les délais de 7 jours et de 48 heures ne peuvent être prolongés d’aucune façon. Des cas particuliers liés à l’asile existent depuis le 12/06/2026, avec d’autres durées : ils concernent certaines personnes dont la demande d’asile a été introduite depuis cette date. Si vous êtes dans ce cas, signalez-le d’emblée à l’avocat, et consultez la page demande d’asile.

Si vous êtes placé en rétention, assigné à résidence ou détenu alors que le délai d’un mois court encore, ce délai est interrompu. Le délai court de 48 heures ou de 7 jours prend le relais à compter de la notification de cette nouvelle situation.

Ce que l’on peut contester en même temps

Une OQTF arrive rarement seule. Le même document contient souvent plusieurs décisions, que le tribunal peut examiner ensemble :

  • le refus de titre de séjour, quand l’OQTF le suit (voir refus de titre de séjour) ;
  • la décision sur le délai de départ volontaire (accordé ou refusé) ;
  • la décision qui fixe le pays de renvoi ;
  • l’IRTF, si elle est prononcée.

Lisez chaque page de la décision, recto et verso. La dernière page indique en principe le tribunal à saisir et le délai. Le recours se dépose auprès du tribunal administratif territorialement compétent.

Ce que contient la requête

La requête est la lettre adressée au tribunal administratif pour lui demander d’annuler la décision. Selon service-public.gouv.fr, elle est rédigée en français, sur papier libre, et comporte des éléments précis.

  1. Qui vous êtesNom, adresse et signature. En ligne, l’identification sur Télérecours citoyens vaut signature.
  2. La décision attaquéeUne copie complète de l’OQTF et des décisions qui l’accompagnent, avec si possible la preuve de la date de notification.
  3. Les faits et les argumentsUn exposé des faits, puis des moyens, c’est-à-dire les arguments juridiques, et enfin les conclusions : ce que vous demandez au juge.
  4. Vos demandes pratiquesLa demande d’aide juridictionnelle, la désignation d’un avocat d’office et, si besoin, l’aide d’un interprète.

La requête peut être déposée au greffe du tribunal, envoyée par courrier (de préférence en recommandé avec avis de réception) ou déposée en ligne via Télérecours citoyens. Les arguments juridiques sont la partie la plus technique : c’est là qu’un avocat en droit des étrangers est le plus utile. Méfiez-vous des intermédiaires payants qui ne sont pas avocats (comment les repérer). Pour savoir quoi rassembler, voyez la liste des documents à préparer.

Aide juridictionnelle et avocat d’office : dans la requête

Pour une OQTF, la loi dit que l’aide juridictionnelle se demande au plus tard au moment où le recours est déposé. Il ne faut donc pas envoyer une demande au bureau d’aide juridictionnelle et attendre sa réponse : le délai de recours continuerait de courir. On dépose le recours dans le délai, et on y écrit la demande d’aide et la demande d’avocat d’office.

Si vous préférez un avocat que vous avez choisi, demandez-lui s’il accepte l’aide juridictionnelle. Les autres options gratuites (permanences du barreau, points-justice, associations) sont présentées sur la page avocat gratuit en droit des étrangers.

Après le dépôt : audience, jugement, appel

Tant que le délai de recours n’est pas terminé, puis tant que le tribunal saisi n’a pas statué, l’éloignement ne peut pas être exécuté. C’est l’effet suspensif du recours. Devant le juge unique, l’audience est publique, sans rapporteur public, et vous pouvez demander un interprète.

Si le tribunal rejette le recours, l’appel se forme dans un délai d’un mois devant la cour administrative d’appel. Attention : l’appel ne suspend pas l’exécution de l’OQTF. Pour comprendre le fonctionnement du tribunal, lisez notre article sur le tribunal administratif et les étrangers.

Rétention, assignation et interdiction de retour

En centre de rétention, deux juges différents interviennent. Le tribunal administratif juge l’OQTF dans le délai de 48 heures. Le magistrat du siège du tribunal judiciaire contrôle la rétention elle-même : sa contestation se fait dans les 96 heures. Tout est expliqué sur la page rétention et éloignement.

L’interdiction de retour peut durer jusqu’à cinq ans à compter de l’exécution de l’OQTF, et jusqu’à dix ans en cas de menace grave pour l’ordre public. Elle se conteste avec l’OQTF, ou dans un délai court si elle est prise après. Les règles d’abrogation sont détaillées dans notre article sur l’interdiction de retour.

Être contacté par un avocat de ma ville

quelques questions courtes. Gratuit pour vous, sans engagement. Ne joignez aucun document et ne racontez pas votre histoire ici : vous en parlerez directement avec l’avocat, tenu au secret professionnel.

6. Aide juridictionnelle

Gratuit pour vous, sans engagement. Votre demande va à un seul avocat partenaire en droit des étrangers de votre ville, dont le nom vous est indiqué. Premier contact sous 24 heures, par téléphone ou par email, et votre délai de recours continue de courir (voir le tableau des délais de recours).

Votre demande est transmise à un avocat partenaire, qui reste seul juge de la suite. Si aucun avocat partenaire n’intervient encore dans votre ville, votre demande n’est transmise à personne et nous vous indiquons les permanences gratuites les plus proches.

Questions fréquentes

Le délai d’un mois se compte à partir de quand ?

Il se compte à partir de la notification de la décision, c’est-à-dire du jour où la décision vous a été remise ou présentée. Gardez l’enveloppe, l’avis de passage ou le document signé : ils permettent de connaître cette date. Cap Séjour ne calcule aucun délai personnel.

Puis-je être renvoyé dans mon pays pendant le recours ?

Le Code de l’entrée et du séjour des étrangers prévoit que l’éloignement ne peut pas avoir lieu avant la fin du délai de recours, ni avant que le tribunal ait statué s’il a été saisi dans ce délai. En appel, la règle change : l’appel ne suspend pas l’exécution de l’OQTF.

Faut-il obligatoirement un avocat ?

Non, la présence d’un avocat n’est pas obligatoire devant le tribunal administratif. Vous pouvez choisir un avocat, ou demander au tribunal qu’un avocat vous soit désigné d’office. Vu la brièveté des délais, beaucoup de personnes préfèrent être accompagnées.

Je n’ai pas de titre de séjour : ai-je droit à l’aide juridictionnelle ?

Pour contester une OQTF, une interdiction de retour ou leur appel, la loi prévoit que l’aide juridictionnelle est accordée sans condition de résidence. Les conditions de ressources restent examinées. La demande se fait au plus tard dans la requête.

Combien de temps une OQTF peut-elle être exécutée ?

Selon la fiche service-public.gouv.fr sur l’OQTF, le délai d’exécution d’une OQTF est de 3 ans. Ce délai d’exécution ne change rien au délai pour saisir le tribunal : celui-ci court dès la notification (1 mois, 7 jours ou 48 heures selon votre situation).

Quelle différence entre une OQTF et une IRTF ?

L’OQTF oblige à quitter la France. L’IRTF interdit d’y revenir pendant une durée fixée : au plus 5 ans à compter de l’exécution de l’OQTF (CESEDA, art. L612-6 à L612-8), et jusqu’à 10 ans en cas de menace grave pour l’ordre public quand aucun délai de départ n’a été accordé (art. L612-6). Les deux décisions se contestent ensemble devant le tribunal administratif (art. L614-1).

Peut-on revenir en France après une OQTF ?

S’il n’y a pas d’IRTF, un retour suit les règles habituelles d’entrée, en général avec un visa. S’il y a une IRTF, la préfecture peut l’abroger : la demande se fait en principe depuis l’étranger (CESEDA, art. L613-7). L’IRTF est aussi abrogée si vous prouvez, au plus tard 2 mois après la fin du délai de départ volontaire, être parti dans ce délai, sauf circonstances particulières (art. L613-8). Détails : interdiction de retour.

Pour aller plus loin

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