Vous n’avez pas ou plus de titre de séjour
Titre expiré, demande jamais aboutie, arrivée sans visa : beaucoup de personnes vivent cette situation, et la loi prévoit plusieurs voies d’accès au séjour. Cette page présente ces voies de façon générale, les aides gratuites et les précautions à prendre. Aucune démarche n’est automatique, mais vous n’êtes pas sans droits.
- Plusieurs fondements possibles dans le CESEDA
- L’aide juridictionnelle reste accessible
- Vos données ne sont jamais transmises à l’administration
Informations générales vérifiées le 04/11/2026 sur Légifrance et service-public.gouv.fr.
Vous avez reçu une OQTF ?
Si une OQTF vous a été remise, le délai de recours compte avant tout : un mois dans le cas général, 7 jours en cas d’assignation à résidence ou de détention, 48 heures en rétention. Allez directement à la page OQTF et au tableau des délais (vérifiés le 04/11/2026).
Ce que prévoit la loi
Le CESEDA contient plusieurs articles qui permettent à une personne sans titre de demander une carte de séjour. Chacun a ses conditions. Voici les principaux, résumés.
- Les liens personnels et familiaux (L423-23)Une carte « vie privée et familiale » d’un an est délivrée à la personne dont les liens personnels et familiaux en France sont tels qu’un refus porterait une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale. Voir la page vie privée et familiale.
- L’admission exceptionnelle au séjour (L435-1)Une carte « salarié », « travailleur temporaire » ou « vie privée et familiale » peut être accordée pour des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels. Si la préfecture envisage un refus pour une personne qui réside habituellement en France depuis plus de dix ans, elle doit saisir la commission du titre de séjour pour avis. Voir la page régularisation.
- Les métiers en tension (L435-4)À titre exceptionnel, une carte d’un an peut être délivrée à une personne qui a travaillé au moins douze mois sur les vingt-quatre derniers mois dans un métier ou une zone en tension et qui réside en France depuis au moins trois ans. Ce dispositif est prévu jusqu’au 31 décembre 2026 ; aucune prolongation n’était publiée sur Légifrance au 04/11/2026.
- Les situations familiales précisesÊtre conjoint de Français ou parent d’un enfant français ouvre des droits propres, avec leurs conditions.
Toute demande passe par la préfecture et suppose un dossier solide. Le guide documents à préparer vous aide à rassembler les pièces. Si la préfecture ne répond pas, son silence vaut refus au bout de 90 jours à compter du dépôt d’une demande complète : c’est une réforme très récente (décret n° 2026-1001, en vigueur depuis le 30/10/2026) ; auparavant, la fiche service-public indiquait 4 mois. Les recours sont expliqués sur la page refus de titre de séjour.
Être aidé sans payer
Ne pas avoir de titre de séjour ne ferme pas l’accès au droit :
- Aide juridictionnelle. Il faut en principe résider habituellement en France, même sans titre valide, et respecter les plafonds de ressources (12 957 € de revenu fiscal de référence pour une personne seule en 2026). Pour contester une OQTF, une interdiction de retour ou une rétention, elle est accordée sans condition de résidence. Voir la page aide juridictionnelle.
- Consultations gratuites. Les permanences des barreaux et les points-justice reçoivent toute personne, quelle que soit sa situation et sa nationalité. La première consultation est gratuite.
- Associations. Des associations comme la Cimade, le Secours catholique ou France terre d’asile accompagnent les personnes étrangères. Cap Séjour n’a pas de lien avec elles.
Méfiez-vous des faux intermédiaires
Les personnes sans titre sont souvent la cible d’offres payantes : « dossier garanti », rendez-vous en préfecture vendu, « contact à la préfecture ». La loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971 (art. 54) réserve la consultation juridique rémunérée et habituelle aux professionnels autorisés, et l’article 72 sanctionne pénalement l’exercice illégal. Quelques réflexes :
- vérifiez qu’un avocat est bien inscrit sur l’annuaire du Conseil national des barreaux ;
- déposez vos demandes vous-même sur le téléservice officiel de l’ANEF quand la démarche y est prévue ;
- ne confiez jamais votre passeport ni vos originaux à un intermédiaire ;
- exigez un écrit avant de payer un avocat : la convention d’honoraires.
Plus de conseils dans le guide se méfier des faux conseillers.
Vos données sont protégées
Le formulaire Cap Séjour ne demande ni votre nationalité, ni votre numéro d’étranger, ni le récit de votre situation. Votre demande est transmise uniquement à l’avocat partenaire de votre ville, nommé, et à personne d’autre. Elle n’est transmise à aucune administration, ni préfecture, ni police. Tout est expliqué dans la politique de confidentialité. L’avocat, lui, est tenu au secret professionnel.
Être contacté par un avocat de ma ville
quelques questions courtes. Gratuit pour vous, sans engagement. Ne joignez aucun document et ne racontez pas votre histoire ici : vous en parlerez directement avec l’avocat, tenu au secret professionnel.
Questions fréquentes
Mes informations envoyées à Cap Séjour peuvent-elles aller à la préfecture ?
Non. Vos informations sont transmises uniquement à l’avocat partenaire nommé, avec votre accord. Elles ne sont transmises à aucune administration. L’avocat est tenu au secret professionnel.
Puis-je avoir l’aide juridictionnelle sans titre de séjour ?
Oui, sous conditions de ressources. La loi demande en principe une résidence habituelle en France, sans exiger un titre valide. Pour contester une OQTF, une interdiction de retour ou une rétention, aucune condition de résidence n’est demandée.
Existe-t-il une régularisation automatique après un certain nombre d’années ?
Non. L’admission exceptionnelle au séjour reste une décision de la préfecture, au cas par cas. La loi prévoit seulement que, si la préfecture envisage de refuser une personne qui réside habituellement en France depuis plus de dix ans, elle doit d’abord consulter la commission du titre de séjour.
Une personne me propose un rendez-vous en préfecture contre de l’argent : est-ce normal ?
Soyez très prudent. Une personne qui n’est pas avocat ne peut pas donner de consultations juridiques contre rémunération de façon habituelle. Lisez notre guide sur les faux conseillers avant de payer qui que ce soit.
Pages liées
Sources
- Légifrance, CESEDA, art. L423-23 (lu le 04/11/2026)
- Légifrance, CESEDA, art. L435-1 et L435-4 (lu le 04/11/2026)
- Légifrance, circulaire du 23 janvier 2025 sur l’admission exceptionnelle au séjour (lu le 04/11/2026)
- Légifrance, CESEDA, art. R432-2 (refus implicite) (lu le 04/11/2026)
- Légifrance, loi n° 91-647, art. 3 (lu le 04/11/2026)
- Service-public.gouv.fr, F18074 : Aide juridictionnelle (lu le 04/11/2026)
- Service-public.gouv.fr, F20706 : Consulter gratuitement un avocat (lu le 04/11/2026)
- Légifrance, loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971 (art. 54 et 72) (lu le 04/11/2026)
- Service-public.gouv.fr, R59398 : téléservice ANEF (lu le 04/11/2026)