Service de mise en relation, nous ne sommes pas un cabinet d’avocats. Cap Séjour ne donne aucune consultation juridique et n’est pas un site de l’administration.
Situation urgente

Rétention administrative et assignation à résidence

Un proche vient d’être placé en centre de rétention, ou vous êtes assigné à résidence ? Les délais se comptent en heures. Voici les règles en vigueur, expliquées simplement, et la façon d’obtenir vite l’aide d’un avocat.

  • Délais de 48 et 96 heures expliqués
  • Avocat dès l’arrivée en rétention
  • Aide juridictionnelle sans condition de résidence

Informations générales vérifiées le 04/11/2026 sur Légifrance et service-public.gouv.fr.

Si vous n’avez pas les moyens de payer un avocat

En rétention et en assignation à résidence, l’AJ est accordée sans condition de résidence pour contester l’OQTF et les décisions liées (loi n° 91-647, article 3). Un avocat commis d’office peut être demandé au tribunal. Voir l’aide juridictionnelle pour les étrangers et les aides gratuites.

Rétention, assignation : deux mesures différentes

La rétention administrative garde une personne étrangère dans un centre de rétention administrative (CRA) le temps d’organiser son départ. L’administration la décide, un juge la contrôle.

L’assignation à résidence est plus souple. La personne reste chez elle ou à une adresse fixée, mais elle doit respecter les obligations écrites dans la décision.

Derrière ces mesures, il y a presque toujours une décision d’éloignement, le plus souvent une OQTF. Les délais deviennent alors très courts.

Combien de temps peut durer la rétention

Schéma en vigueur au 04/11/2026 d’après le CESEDA :

ÉtapeDuréeTexte
Placement décidé par la préfecture96 heuresL742-1
Première prolongation par le juge26 jours (30 jours au total)L742-3
Deuxième prolongation, dans des cas prévus par la loi30 jours (60 jours au total)L742-4
Troisième prolongation, dans les mêmes conditions30 jours (90 jours au total)L742-4
Cas graves limitativement prévusjusqu’à 180 jours, à titre exceptionnel 210 joursL742-6 et L742-7

Le maximum ordinaire est de 90 jours. Les durées plus longues visent des situations graves précises. Attention : la fiche service-public sur la rétention décrit encore l’ancien schéma (elle est en cours de mise à jour).

Deux juges, deux recours à ne pas confondre

Le magistrat du siège du tribunal judiciaire contrôle la privation de liberté. La préfecture doit le saisir au bout de 96 heures pour prolonger la rétention. La personne retenue peut aussi contester elle-même son placement devant lui, dans un délai de 96 heures à compter de la notification (L741-10).

Le tribunal administratif juge la décision d’éloignement elle-même. En rétention, le recours contre l’OQTF se fait dans les 48 heures suivant la notification (R921-2-1), et le tribunal statue dans les 96 heures après la fin de ce délai (L921-2). Un juge unique statue, avec avocat d’office et interprète sur demande (L922-2). Le recours empêche l’éloignement tant que le tribunal n’a pas statué (L722-7).

Délais sans prolongation possible. Les délais de recours en rétention et en assignation ne peuvent être prolongés (R921-3). Si la personne est placée en rétention alors que son délai d’un mois contre l’OQTF courait encore, ce délai est interrompu et remplacé par le délai court de la rétention. Il existe aussi des cas particuliers liés à l’asile depuis le 12/06/2026 (5 ou 7 jours) , à faire vérifier par un avocat ou la permanence.

Qui peut aider sur place

Service-public le rappelle : « Vous avez droit à un avocat dès votre arrivée en rétention. » Des associations assurent aussi des permanences juridiques dans les lieux de rétention, et une seule permanence juridique est autorisée par centre ou local.

Un avocat choisi par la personne ou sa famille peut aussi intervenir et préparer les audiences.

L’assignation à résidence

Quand l’assignation est prononcée en vue d’un éloignement (article L731-1), elle dure 45 jours au plus et peut être renouvelée deux fois pour la même durée (L732-3). D’autres assignations, plus longues, existent dans des cas prévus par l’article L731-3 (jusqu’à un an, renouvelable deux fois, L732-4).

Contre une OQTF notifiée à une personne assignée, le recours se fait en 7 jours ; le tribunal statue en 15 jours, à juge unique (L614-2, L921-1).

Lisez aussi notre page sur l’OQTF et l’article sur l’interdiction de retour, souvent prononcée en même temps.

Être contacté par un avocat de ma ville

quelques questions courtes. Gratuit pour vous, sans engagement. Ne joignez aucun document et ne racontez pas votre histoire ici : vous en parlerez directement avec l’avocat, tenu au secret professionnel.

6. Aide juridictionnelle

Gratuit pour vous, sans engagement. Votre demande va à un seul avocat partenaire en droit des étrangers de votre ville, dont le nom vous est indiqué. Premier contact sous 24 heures, par téléphone ou par email, et votre délai de recours continue de courir (voir le tableau des délais de recours).

Votre demande est transmise à un avocat partenaire, qui reste seul juge de la suite. Si aucun avocat partenaire n’intervient encore dans votre ville, votre demande n’est transmise à personne et nous vous indiquons les permanences gratuites les plus proches.

Questions fréquentes

Combien de temps peut durer une rétention administrative ?

En principe 90 jours au maximum : 96 heures, puis 26 jours, puis deux fois 30 jours si le juge l’autorise dans les cas prévus par la loi. Des durées de 180 jours, et à titre exceptionnel 210 jours, existent pour des situations graves limitativement prévues (CESEDA, L742-1 à L742-7, version au 04/11/2026).

Quel juge contrôle le placement en rétention ?

Le magistrat du siège du tribunal judiciaire. La personne retenue peut contester son placement devant lui dans les 96 heures de la notification. L’OQTF, elle, se conteste devant le tribunal administratif, en 48 heures en rétention.

Faut-il payer un avocat en rétention ?

Pas forcément. L’aide juridictionnelle est accordée sans condition de résidence pour ces procédures, selon les ressources, et un avocat commis d’office peut être demandé au tribunal. Une permanence juridique associative est aussi présente dans chaque centre.