Le tribunal administratif en droit des étrangers
Refus de titre, OQTF, interdiction de retour, refus de visa ou de naturalisation : la plupart des décisions de l’administration se contestent devant le tribunal administratif. Voici comment il fonctionne, quel juge statue, en combien de temps, et où.
Article vérifié le 04/11/2026 sur Légifrance et service-public.gouv.fr.
Ce que juge le tribunal administratif, et ce qu’il ne juge pas
| Décision | Juge | Délai pour agir |
|---|---|---|
| Refus de titre sans OQTF | Tribunal administratif | 2 mois (CJA, R421-1) |
| OQTF, cas général | Tribunal administratif, procédure collégiale spéciale | 1 mois (R911-1) |
| OQTF avec assignation à résidence ou détention | Tribunal administratif, juge unique | 7 jours (L921-1) |
| OQTF en rétention | Tribunal administratif, juge unique | 48 heures (R921-2-1) |
| Refus de visa de long séjour, après la commission de recours | Tribunal administratif de Nantes | 2 mois |
| Naturalisation, après le recours au ministre | Tribunal administratif de Nantes | 2 mois |
| Placement en rétention | Magistrat du siège du tribunal judiciaire | 96 heures (L741-10) |
| Refus de l’OFPRA (asile) | Cour nationale du droit d’asile | 1 mois en principe |
Délais vérifiés le 04/11/2026. Des cas particuliers liés à l’asile existent depuis le 12/06/2026 : ils figurent dans le tableau des délais de recours. Un délai de recours n’est opposable que s’il a été mentionné dans la notification de la décision (CJA, R421-5).
La procédure collégiale spéciale
Pour une OQTF sans assignation ni rétention, le recours suit la procédure du titre Ier du livre IX du CESEDA, intitulé « procédure collégiale spéciale » : plusieurs juges statuent ensemble. Le tribunal est saisi dans le délai d’un mois et statue dans les six mois. Un recours gracieux au préfet ne prolonge pas ce délai. L’aide juridictionnelle se demande au plus tard dans la requête (L911-1). Voir la page OQTF.
La procédure à juge unique
En cas d’assignation à résidence, de détention ou de rétention, l’article L922-2 du CESEDA organise une procédure plus rapide :
- le recours est jugé par le président du tribunal ou un magistrat qu’il désigne ;
- l’audience est publique ;
- elle se déroule sans conclusions du rapporteur public ;
- la personne est assistée de son avocat si elle en a un, et peut demander qu’un avocat lui soit désigné d’office ;
- elle peut demander le concours d’un interprète.
Le tribunal statue en quinze jours en cas d’assignation ou de détention, et en 96 heures à compter de la fin du délai de recours en rétention. Ces délais ne peuvent pas être prorogés (R921-3). Voir rétention et éloignement.
L’effet suspensif et l’appel
Contre une OQTF, le recours est suspensif : l’éloignement ne peut pas avoir lieu avant la fin du délai de recours, ni avant le jugement si le tribunal est saisi (L722-7). Le jugement peut faire l’objet d’un appel, dans un délai d’un mois (R911-8). Selon service-public, l’appel ne suspend pas l’exécution de l’OQTF.
Le tribunal administratif de Nantes
Deux contentieux relèvent du tribunal administratif de Nantes : les refus de visa de long séjour, après le recours obligatoire devant la commission de recours (voir visa refusé), et les décisions de naturalisation, après le recours au ministre (voir ajournement de naturalisation).
Les autres recours : le tribunal du lieu
Les autres décisions, comme un refus de titre ou une OQTF, relèvent d’un tribunal administratif local. Nos pages villes présentent les repères pratiques de chaque ville : Lyon, Paris, Marseille, et toutes les villes.
Avec ou sans avocat
Selon service-public, la présence d’un avocat n’est pas obligatoire pour contester une OQTF. Un avocat connaît pourtant les moyens à soulever et la forme de la requête. L’aide juridictionnelle peut le prendre en charge, et le guide choisir son avocat aide à poser les bonnes questions.
Questions fréquentes
Faut-il un avocat devant le tribunal administratif pour une OQTF ?
Ce n’est pas obligatoire selon service-public. Vous pouvez choisir un avocat ou demander qu’un avocat vous soit désigné d’office, et demander l’aide juridictionnelle au plus tard dans la requête.
Peut-on avoir un interprète à l’audience ?
Oui. Dans la procédure à juge unique, l’article L922-2 du CESEDA permet de demander le concours d’un interprète.
Un recours à former devant le tribunal ?
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Sources
- CESEDA, art. R911-1 et R911-8 (Légifrance) (lu le 04/11/2026)
- CESEDA, art. L911-1 (Légifrance) (lu le 04/11/2026)
- CESEDA, art. L921-1 et L921-2 (Légifrance) (lu le 04/11/2026)
- CESEDA, art. L922-2 (Légifrance) (lu le 04/11/2026)
- CESEDA, art. R921-2-1 et R921-3 (Légifrance) (lu le 04/11/2026)
- CESEDA, art. L722-7 (Légifrance) (lu le 04/11/2026)
- Code de justice administrative, art. R421-1 à R421-5 (Légifrance) (lu le 04/11/2026)
- Service-public, fiche F18362 : OQTF (lu le 04/11/2026)
- Service-public, fiche F16162 : visa de long séjour (lu le 04/11/2026)
- Service-public, fiche F2213 : naturalisation (lu le 04/11/2026)
Information générale vérifiée le 04/11/2026. Elle ne remplace pas l’avis d’un avocat sur un dossier précis.