Interdiction de retour sur le territoire : durée et levée
L’interdiction de retour accompagne parfois une OQTF. Elle empêche de revenir en France pendant plusieurs années. Le CESEDA en fixe les durées maximales, les façons de la contester et les cas où elle peut être levée.
Article vérifié le 04/11/2026 sur Légifrance et service-public.gouv.fr.
Les durées maximales
| Situation | Durée maximale | Texte |
|---|---|---|
| OQTF sans délai de départ volontaire | 5 ans, 10 ans en cas de menace grave pour l’ordre public | L612-6 |
| Maintien en France au-delà du délai de départ volontaire | 5 ans | L612-7 |
| Autres cas | 5 ans | L612-8 |
| Prolongation | Jusqu’à 2 ans de plus, total limité à 5 ans sauf menace grave pour l’ordre public | L612-11 |
Ces durées courent « à compter de l’exécution de l’obligation de quitter le territoire français ». Service-public le dit plus simplement : à partir du moment où la personne a effectivement quitté la France. Tant que le départ n’a pas eu lieu, le compteur ne tourne pas.
L’interdiction n’est pas automatique dans tous les cas. Pour l’OQTF sans délai de départ, l’article L612-6 prévoit que des circonstances humanitaires peuvent justifier que l’administration n’en prenne pas.
Le système d’information Schengen
La fiche service-public F2782 mentionne l’inscription de la personne concernée au SIS. Cette inscription est une raison de plus de vérifier rapidement la décision avec un avocat.
Contester l’interdiction de retour
Quand l’IRTF est notifiée avec l’OQTF, elle est contestée devant le tribunal administratif dans le même recours (article L614-1). Quand elle est prise après l’OQTF, l’article L614-4 renvoie à la procédure à juge unique : sept jours (L921-1), ou la procédure de rétention si la personne est retenue. Le recours contre l’OQTF est suspensif : l’éloignement ne peut pas avoir lieu avant la fin du délai de recours, ni avant le jugement si le tribunal est saisi (L722-7).
L’aide juridictionnelle est accordée sans condition de résidence pour ces procédures, et elle se demande au plus tard dans la requête : il ne faut pas attendre une réponse du bureau d’aide juridictionnelle. Voir aide juridictionnelle et avocat gratuit. Les étapes devant le juge sont décrites dans le tribunal administratif en droit des étrangers.
Obtenir la levée : trois mécanismes
- L’abrogation sur demande (L613-7)L’administration peut abroger l’interdiction à tout moment. La demande n’est recevable que si la personne réside hors de France, sauf pendant une peine d’emprisonnement ferme purgée en France ou une assignation à résidence. Selon service-public, la demande écrite est adressée au préfet qui a pris la mesure.
- L’abrogation de plein droit (L613-8)Si la personne justifie, au plus tard deux mois après la fin du délai de départ volontaire dont elle a bénéficié, être partie dans le délai, l’interdiction est abrogée. L’administration peut refuser au regard de circonstances particulières.
- Le réexamen tous les cinq ans (L613-9)L’interdiction est réexaminée tous les cinq ans à compter de sa date d’édiction. Sans réponse, le réexamen est réputé avoir conduit à une décision implicite de ne pas l’abroger.
Pour aller plus loin
La page OQTF détaille la mesure principale, et la page rétention et éloignement la suite possible. Les personnes sans titre trouveront des repères dans sans titre de séjour.
Questions fréquentes
Quand commence la durée de l’interdiction de retour ?
Le CESEDA la fait courir à compter de l’exécution de l’OQTF. Service-public précise : à partir du moment où la personne a effectivement quitté le territoire.
Peut-on demander la levée en restant en France ?
En principe non : selon l’article L613-7 du CESEDA, la demande d’abrogation n’est recevable que si la personne réside hors de France, sauf peine d’emprisonnement ferme purgée en France ou assignation à résidence.
Une OQTF avec interdiction de retour ?
Le délai est court. Décision reçue : demande prioritaire auprès d’un avocat en droit des étrangers de votre ville.
Sources
- CESEDA, art. L612-6 à L612-11 (Légifrance) (lu le 04/11/2026)
- CESEDA, art. L613-7 à L613-9 (Légifrance) (lu le 04/11/2026)
- CESEDA, art. L614-1 à L614-4 (Légifrance) (lu le 04/11/2026)
- CESEDA, art. L722-7 (Légifrance) (lu le 04/11/2026)
- Service-public, fiche F2782 : interdiction de retour (lu le 04/11/2026)
- Loi n° 91-647, art. 3 (Légifrance) (lu le 04/11/2026)
Information générale vérifiée le 04/11/2026. Elle ne remplace pas l’avis d’un avocat sur un dossier précis.