Employeur : recruter ou garder un salarié étranger
Vous souhaitez embaucher une personne étrangère, ou garder un salarié dont le titre arrive à expiration ? Le droit du travail vous confie plusieurs obligations : demander l’autorisation de travail quand elle est nécessaire, vérifier le titre auprès de la préfecture, suivre les renouvellements. Voici les règles, les délais et les sanctions.
- Autorisation de travail demandée en ligne par l’employeur
- Vérification du titre : 2 jours ouvrables
- Sanctions élevées en cas d’emploi sans autorisation
Informations générales vérifiées le 04/11/2026 sur Légifrance et service-public.gouv.fr.
1. Demander l’autorisation de travail
Selon service-public.gouv.fr (fiche F2728), « la demande d’autorisation de travail est faite par l’employeur lui-même ou par un mandataire ». Elle se fait uniquement sur internet.
- Vérifier si le poste est ouvertLe poste doit figurer sur la liste des métiers en tension, ou l’offre doit avoir été publiée pendant 3 semaines sans candidature valable.
- Déposer la demande en ligneSur le téléservice prévu à cet effet, par l’entreprise ou son mandataire.
- Attendre la décisionSans réponse dans les 2 mois, la demande est refusée (refus implicite).
- Le salarié demande son titreCarte « salarié » (CDI) ou « travailleur temporaire » (CDD), d’abord valable 1 an. Pour le salarié, la première demande coûte 350 € et le renouvellement 250 €.
Pour les profils qualifiés, la carte « talent » obéit à d’autres règles : par exemple, la mention « salarié qualifié » suppose un salaire d’au moins 39 582 € brut annuel selon service-public.gouv.fr (fiche F16922). Voir la page immigration professionnelle.
2. Vérifier le titre de séjour avant l’embauche
Les articles R5221-41 et R5221-42 du Code du travail prévoient que l’employeur vérifie que la personne qu’il se propose d’embaucher est en situation régulière au regard du séjour. Concrètement :
- la demande est adressée au préfet au moins deux jours ouvrables avant la date d’effet de l’embauche ;
- le préfet répond dans un délai de deux jours ouvrables ;
- sans réponse dans ce délai, l’obligation de l’employeur est réputée remplie.
Conservez la preuve de votre demande et de la réponse. La vérification ne remplace pas l’autorisation de travail quand celle-ci est nécessaire.
3. Garder un salarié dont le titre expire
Le renouvellement d’un titre de séjour se demande à l’avance. Sur l’ANEF, c’est au plus tôt 4 mois et au plus tard 2 mois avant la fin de validité. Si le dossier complet a été déposé à temps et que la préfecture n’a pas encore statué, une attestation de prolongation d’instruction, valable 3 mois au plus et renouvelable, est mise à disposition.
Point essentiel pour l’employeur : selon la fiche F36206, cette attestation permet de travailler si la carte dont le renouvellement est demandé autorisait à travailler. La simple confirmation de dépôt n’autorise pas à travailler. Demandez à votre salarié de vous transmettre ses documents à jour. Plus d’informations sur la page renouvellement du titre de séjour et dans l’article récépissé expiré : que faire.
4. Le changement de statut
Beaucoup d’embauches concernent un étudiant étranger qui termine ses études :
- Pendant les études, un étudiant peut travailler 964 heures par an, soit 60 % de la durée annuelle légale, sans autorisation de travail. L’employeur fait une déclaration nominative à la préfecture au moins 2 jours ouvrables avant l’embauche. Les étudiants algériens ont besoin d’une autorisation de travail, avec une limite de 50 %.
- Après un diplôme de niveau master, la carte « recherche d’emploi ou création d’entreprise », valable 1 an, permet de chercher un emploi. Pour un emploi en lien avec la formation et rémunéré plus de 2 800,53 € brut par mois, ni autorisation de travail ni limite de 60 % ne sont exigées. Ce dispositif ne concerne pas les Algériens.
- Ensuite, le changement de statut vers une carte « salarié », « travailleur temporaire » ou « talent » se demande auprès de la préfecture.
Le détail est dans l’article changement de statut étudiant vers salarié et sur la page étudiant étranger. Pour un salarié déjà présent sans titre et qui travaille dans un métier en tension, l’article L435-4 du CESEDA prévoit une admission exceptionnelle jusqu’au 31 décembre 2026 : voir la page régularisation.
5. Les sanctions en cas d’emploi sans autorisation
L’article L8253-1 du Code du travail, modifié par la loi n° 2024-42, prévoit une amende administrative prononcée par le ministre chargé de l’immigration, appliquée autant de fois qu’il y a d’étrangers concernés. Service-public.gouv.fr en donne les montants :
| Sanction | Montant maximal |
|---|---|
| Amende administrative, par travailleur étranger | 21 750 € |
| En cas de récidive dans les 5 ans | 65 250 € |
| Si les salaires et indemnités sont payés spontanément dans les 30 jours | 8 700 € |
| Sanction pénale, personne physique, par étranger | 30 000 € et 5 ans de prison |
| Sanction pénale, personne morale, par étranger | 150 000 € |
| Bande organisée | 200 000 € et 10 ans (personne physique), 1 000 000 € (personne morale) |
Ces montants sont ceux publiés par les fiches F33886 et F2728. Ils montrent l’intérêt de vérifier chaque embauche et chaque échéance de titre, et de demander conseil en cas de doute.
Quand consulter un avocat
- Refus d’autorisation de travail ou silence de 2 mois ;
- titre d’un salarié refusé ou bloqué en renouvellement ;
- contrôle de l’inspection du travail ou procédure d’amende ;
- embauche d’un profil « talent » ou changement de statut complexe.
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Questions fréquentes
Qui fait la demande d’autorisation de travail ?
L’employeur lui-même ou un mandataire. La demande se fait uniquement sur internet, selon service-public.gouv.fr.
Combien de temps a la préfecture pour répondre à une vérification de titre ?
La demande de vérification est adressée au préfet au moins deux jours ouvrables avant la date d’effet de l’embauche. Le préfet répond dans un délai de deux jours ouvrables ; sans réponse, l’obligation de vérification est réputée remplie (articles R5221-41 et R5221-42 du Code du travail).
Le titre de mon salarié a expiré pendant son renouvellement : peut-il continuer à travailler ?
Si le dossier complet a été déposé à temps sur l’ANEF, une attestation de prolongation d’instruction est délivrée. Selon service-public.gouv.fr, elle permet de travailler si la carte dont le renouvellement est demandé autorisait à travailler. La simple confirmation de dépôt, elle, n’autorise pas à travailler.
Un étudiant étranger peut-il travailler dans mon entreprise ?
Oui, dans la limite de 964 heures par an, sans autorisation de travail. L’employeur fait une déclaration nominative à la préfecture au moins 2 jours ouvrables avant l’embauche. Les étudiants algériens relèvent de règles différentes.
Pages liées
Sources
- Service-public.gouv.fr, F2728 : autorisation de travail d’un salarié étranger (lu le 04/11/2026)
- Légifrance, Code du travail, art. R5221-41 et R5221-42 (lu le 04/11/2026)
- Légifrance, Code du travail, art. L8253-1 (lu le 04/11/2026)
- Service-public.gouv.fr, F33886 : sanctions de l’emploi d’un étranger sans titre (lu le 04/11/2026)
- Service-public.gouv.fr, F15898 : carte salarié ou travailleur temporaire (lu le 04/11/2026)
- Service-public.gouv.fr, F16922 : carte talent (lu le 04/11/2026)
- Service-public.gouv.fr, F36206 : attestations ANEF (lu le 04/11/2026)
- Service-public.gouv.fr, F2713 : travail des étudiants étrangers (lu le 04/11/2026)
- Service-public.gouv.fr, F17319 : carte recherche d’emploi ou création d’entreprise (lu le 04/11/2026)
- Légifrance, CESEDA, art. L435-4 (lu le 04/11/2026)